Epitaphe de Lully

O mort ! qui cachez tout dans vos demeures sombres1,

Vous à qui les  plus grands héros,

Sous prétexte d’un plein repos,

Se trouvent obscurcis dans d’éternelles ombres,

Pourquoi, par un faste nouveau

Nous rappeler la scandaleuse histoire

D’un libertin indigne de mémoire,

Peut-être même indigne du tombeau ?

Ne s'est-il jamais rien vu d’un si mauvais exemple ?

L’opprobre des mortels triomphe dans un temple

où l’on rend  à genoux ses voeux au Roi des Cieux.

Ah, cachez pour jamais ce spectacle odieux,

Laissez tomber sans plus attendre

Sur ce buste honteux votre fatal rideau

Et ne montrez que le flambeau

Qui devrait avoir mis l’original en cendre.

  • 1. Sur son tombeau est représentée la mort tenant un flambeau renversé et de l’autre main soutenant un rideau au-dessus du buste de Lully.

Numéro
0432


Année
1687

Auteur
Pavillon

Personnalité
Lully, Jean-Baptiste (1632-1687), compositeur.


Nombre de vers
16 vers

Métrique
Mêlée

Finalité
Critique


Références

Nouveau recueil des épigrammatistes français, t.I, p.235