Abbé de Boismorand

Ci-dessous gît l’abbé de Boismorand

Qui jouait, conversait et priait en jurant1.

  • 1. Mort en 1740. Déterminé joueur et si grand jureur, quoique d’ailleurs très galant homme, qu’il était plus connu dans un certain monde sous le nom de l’abbé S[acre] D[ieu] que sous son nom propre. Il avait beaucoup d’esprit et une imagination vive, forte et féconde. Nous avons de lui plusieurs mémoires pour des affaires épineuses et célèbres. Il y en a trois ou quatre que l’on compare à ce que Démosthène a fait de plus éloquent. L’abbé de Boismorand, qui avait été jésuite, avait conservé des liaisons avec quelques-uns d’entre eux, et surtout avec le fameux Père Tournemine, Breton et son compatriote. La ressource de l’Abbé lorsqu’il était ruiné au jeu, fut, pendant un temps de lâcher contre la Société des brochures très piquantes, qu’il allait leur annoncer comme l’ouvrage de leurs ennemis, qu’il s’offrait à réfuter et réfutait effectivement de façon à tourner les rieurs de leur côté, moyennant certains honoraires, plus ou moins forts, suivant l’exigence des cas. Ce petit ménage fut enfin découvert par l’indiscrétion d’un ami de l’abbé qui, après avoir beaucoup juré, tourna la chose en plaisanterie, de façon que les jésuites, auxquels il pouvait encore être utile, ne lui témoignèrent, du moins en apparence, aucun ressentiment et se contentèrent de se tenir en garde contre les pièges de l’Abbé. Cet homme singulier mourut sous la haire et le cilice. La Place, Recueil d’épitaphes, T.I, p. 217-18

Numéro
1176


Année
1740

Auteur
La Place, Antoine de

Personnalité
Boismorand, abbé de, dit Sacredieu


Nombre de vers
Distique

Métrique
Alexandrin

Finalité
Critique


Références

La Place, Recueil d’épitaphes, t.I, p.217-18